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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 10:13
Marine et la lettre de Jules..

Marine regarde le soir tomber et appuie son visage contre la fenêtre.
Sa bouche dessine un cercle de buée sous sa respiration sur la transparence
de la vitre. Une mèche rebelle sur les yeux qu'elle soulève en un souffle.
Elle pense à l'été qui se termine et à l'hiver qui bientôt viendra.
S'écartant de la fenêtre, sans bruit, elle serre dans sa main une lettre trop
froissée à force d'avoir été lue, plus qu'il n'en fallait.
Les mots s'entrechoquent et résonnent...

« Tu m'accuses de jouer avec toi, de te téléphoner mais de ne pas venir.
D'être trop absent et de t'oublier. Il faut que je te rappelle ce qu'est ma
vie pour que tu me pardonnes, s'il est bien vrai que je mérite des reproches... ».

( Oui, tu en mérites. J'ai mal. Tu me fais du mal! Comment peux-tu m'aimer ainsi?)

« Je crois t ‘avoir dit que je ne me sens pas prêt à larguer les amarres. J'ai besoin de
retourner au port quand je m'éloigne un peu... On ne sort pas indemne d'une vie
commencée il y a dix-huit ans.
Ce qui me retient chez moi, c'est l'histoire partagée que je ne pourrai plus
revivre ailleurs. Je ne peux pas faire comme si j'étais seul... ».

(Salaud, salaud, salaud!)

Les mots se bousculent dans la tête de Marine, écrasants, terribles. A cet instant,
elle voudrait hurler qu'elle ne veut plus. Que ce qui, à ses yeux, n'était pas un jeu
doit cesser, quitte à en mourir. Il a menti, a truqué le sens même de leur histoire,
en lui laissant espérer un meilleur dénouement.

« Quelques fois, la tentation est bien forte, crois-moi, de t'appeler, de te dire que
j'arrive, car ton absence ne me laisse pas indifférent. Mais venir pour repartir et
négliger ce qui importe ne me paraît pas la meilleure preuve de l'importance que
tu as pu prendre en moi.
Parfois, je vis un peu comme si tu devais me juger.
Crois-moi, quand il faut trouver la patience d'écouter, l'obstination de poursuivre,
la force d'entreprendre, c'est à toi que je pense, même si je ne le dis pas.

Je t'embrasse comme j'aime.

Jules. »

Marine regarde son reflet dans le miroir, pâle reflet. Le papier entre ses doigts ne
crisse plus pour avoir été plié et déplié maintes fois.
La jeune fille va poser un ultimatum à cet homme qu'elle aime si ardemment.
Il devra enfin faire un choix, prendre une décision sinon elle s'en ira.
Il est plus facile, lui semble-t-il, de quitter que d'être quitté.
Marine, étendue sur le lit, fixe le plafond blanc. Elle souffre à en crever, réprime
un sanglot. Elle n'a pas fini de pleurer.

 

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