Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de katherine
  • : poèmes et écrits... au gré de mon humeur... pour qui voudra les lire, s'y trouver ou s'y retrouver
  • Contact

Profil

  • katherine

Texte Libre

Pour écrire en prose il faut
absolument avoir quelque
chose à dire ; pour écrire
en vers, ce n'est pas
indispensable.
Louise Ackermann

Recherche

Texte Libre

Merci pour vos commentaires
qui m'apportent aide et
soutien. Grâce à vous, je
puis avancer.

Catégories

9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 00:38


Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger
Un jour tu passes la frontière
D'où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu'importe et qu'importe hier
Le coeur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon
Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l'enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C'est le grand jour qui se fait vieux
Les arbres sont beaux en automne
Mais l'enfant qu'est-il devenu
Je me regarde et je m'étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus
Peu a peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d'antan
Tomber la poussière du temps
C'est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C'est comme une eau froide qui monte
C'est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu'on corroie
C'est long d'être un homme une chose
C'est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux
O mer amère ô mer profonde
Quelle est l'heure de tes marées
Combien faut-il d'années-secondes
A l'homme pour l'homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées
Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger
Partager cet article
Repost0

commentaires

T
beaucoup d'images de vie dans ce texte j'en retiendrais une qui me fait penser : " pour faire un homme dieu que c'est long "
amitiés . tony
Répondre
K


Certes, un poème très riche, mais Aragon était ainsi je crois, très prolixe. C'est une de
ses particularités.
Amicalement.



L
Bonjour, j'ai du mal avec la poésie contemporaine. Il y a tant de choses à attraper. Aragon en est une belle illustration.
J'aurai couper ce texte en trois ou quatre. Il est beau mais tellement riche !
Merci.
à plus
Répondre
K


Je pense que ce texte est magnifique. Mais pourquoi penser qu'il devrait
être modifié? Le choix de l'auteur a ses raisons je pense.
A bientôt



M
La nuit plus longtemps nous va mieux...j'adore tes vers
Répondre
K


Ce ne sont hélas pas mes vers,mais ceux de Louis Aragon! J'aurais aimé savoir
aussi bien écrire que lui :)
Merci d'être passée



U
Les mots justes et vrais, ceux que l'on reconnaît; qui se marient et sonnent et vivent les uns contre les autres sur le rebord de nos vies.
"et sur le toi même d'antan tomber la poussière du temps"!
Merci Katherine!
Répondre
K


C'est avec plaisir Ut



F
Une merveille de poème qui coule comme de l'eau
Répondre
K


Sublime Aragon