poèmes et écrits... au gré de mon humeur... pour qui voudra les lire, s'y trouver ou s'y retrouver

Elle avançait indolente pas à pas
Traînant ses petits souliers ternis
La tête lourde, crampes à l'estomac
Comme un oisillon échappé de son nid.
C'était à chaque fois la même chose
Les cris, les insultes, les hurlements
Les coups qui pleuvaient sur Elles à tout rompre
Sa mère lasse l'air indifférent.
Le petit dernier qui chouinait dans son berceau
La grande qui s'affairait aux tâches ménagères
Cheveux en bataille, corps en étau
Passant du seau à la serpillière.
Puis, le père qui gueulait sa misère
Rivé à la bouteille, à son goulot
Comme si c'eût été la dernière
Alors qu'elle était celle de trop.
Elle traînait ses chagrins, ses blessures
Se disait parfois que peut-être ...demain...
Demain serait meilleur, un peu moins dur
Que quelqu' un lui tiendrait enfin la main.
Mais ce soir, le courage la désertait.
A n'être que guenilles et oripeaux
On finit par se désenchanter
A la voix n'avoir que tremolos.
Sur la balançoire de la voisine
Dissimulée au sein de la nuit
Elle se laissait emporter par chimères
Jusqu'aux douze coups de minuit.
Et si de souillon sa vie pouvait changer
Si une fée croisait enfin son chemin
Et si, et si... la lune la regardait
L'absorbait, l'emportait vers autre destin.
Elle savait que c'étaient des contes
De belles histoires imaginaires.
Dans la réalité c'est tout autre
On garde ses malheurs, sa détresse.
On vit avec la père qui picole
La mère qui s'emmure silence
Le boulot et l'argent qui manquent
Monde étriqué qui vous use.
Sur la planche suspendue aux chaînes
Elle se balançait, le cœur passoire
Les larmes sur ses joues en traînes
Peine qui grattait à son décrottoir...